vendredi 4 juillet 2008
Le quasi-noyé
Une nouvelle petite fable, écrite depuis longtemps, que je recopie que maintenant.
Trois hommes discutaient, marchand au bord d'un fleuve.
La veille, il avait plu : il fut un fort courant.
Un enfant regardait son bateau -qu'il s'émeuve
Pour ce jeu, s'il en fût, s'avère attendrissant.
Il se pencha, tomba, et cria au secours
-La chance avait offert la vie sauve au garçon :
Icelui s'accrocha à un branchage court.
L'un des hommes -expert car plus vieux- dit d'un ton
Rude et strict : "Qu'il en meure ! On n'aurait pas idée
De sauver un fripon tel que ce gamin sot !
Qu'on plaigne ses parents plus même que l'enfant !"
Le second ne s'écoeure en entendant pleurer;
Il ajoute : "Dis donc, il me semble plutôt
Qu'on devrait lui apprendre à être plus prudent
Puis le sauver enfin, afin qu'il le comprenne !"
Il croyait être tendre, il n'était que patient.
Le troisième prit soin de ne montrer sa haine
Envers les deux amis; il court, sauve l'enfant,
Et le remet à terre. Il ajoute pour eux :
"Voyez s'il a appris, vous pouvez, maintenant !
Or, à quoi bon le faire avec un enfant feu ?
Vous pouvez enseigner, faites donc la morale !
Faire bénéficier de sagesse n'est mal;
Mais avant d'éduquer, gardez l'élève en vie;
Car le dégénéré, c'est celui qui périt."
Adorations
Déclarer votre flamme
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