jeudi 15 juin 2006
Euh...
Je rajoute le site de Zel sur les liens, mais j'hésite au niveau de la catégorie, car ça fait partie de l'humour, de l'écrit mais aussi -un peu- de l'image...
En lisant son blog, j'ai remarqué quelque chose : la vie des gens est THE truc qui fascine le plus les autres gens. Zel est quelqu'un d'intelligent. Il s'exprime parfaitement, avec un vocabulaire élevé, une orthographe quasi-parfaite -quasi puisqu'il fait de TRES RARES fautes et quelques ridicules fautes de frappe-... malgré tout, il raconte sa vie. Il parle d'anecdotes, de souvenirs... une sorte d'autobiographie sous la forme d'un journal, presque.
Mais justement : comment les gens osent-ils aussi clairement dévoiler leur intimité ? Je veux dire, ce n'est pas non plus comme s'il disait "j'ai couché avec Machin dans la position XXX en cherchant à truquer le YYY", ou "quand j'étais petit ma maman m'a frappé avec une batte de base-ball et m'a violé avec, ouin ouin bla bla"; non, pas une intimité aussi extrême ! Je veux dire sa vie, sa propre vie, ce qu'on a fait et pensé, ce qu'on a pu dire ou rencontré.
Je parle de moi, des fois, sur ce blog. Mais non seulement je reste implicite, mais en plus c'est rare, et je détourne la chose pour que seuls ceux qui savent et moi-même puissions comprendre.
Pourquoi je n'expliquerais pas que depuis que kljhsdf est avec moi, ben j'ai dsf:,, tmklhrt et fglk ? Pourquoi je ne dis pas que ma mère est une sflh de kjhgd de dfgkl, et mon père un sdf;, dfsrtlkj (noter que ce ne sont pas forcément des insultes) ? A voir à quel point TOUS dévoilent leur vie privée, leurs amours, leurs passions, leurs déprimes et leurs joies... je me dis : pourquoi pas moi ? Ca ne me dérangerait pas que les gens apprennent que ma mère est un égoïste imbue d'elle-même. J'en ai rien à foutre : je ne la supporte plus ! Mais je ne le dis pas.
Si je suis venu sur Canalblog, c'est parce que ce n'était pas Skyblog. Ce support me dérangeait pour plusieurs raisons :
- c'était Skyrock, radio que je hais -et vu que j'écoute la radio que dans le bus, lorsqu'elle est allumée...
- c'était un site beaucoup trop adolesçable, avec que des gosses et des adolescents dépressifs et mal dans leur peau, comme tout ado;
- j'avais fait un skyblog dans lequel je racontais ma vie dans des détails beaucoup trop intimes, parfois.
Ici, c'était ailleurs, donc c'était mieux, pour moi. Chance : c'est effectivement mieux. Mais je suis venu par élimination, non par préférénce.
Il n'y a pas de mal à raconter sa vie, je pense. C'est quoi, l'autobiographie ? Combien d'auteurs ont écrit la leur sans que ce soit un mal ? Un manque d'éthique ? Bon, d'accord, c'est Rousseau qui a lancé le genre, c'est pas bien; mais c'est un détail ! C'est aussi lui qui a mené au romantisme, et on dirait pas de Victor Hugo qu'il est con puisqu'il a suivi Rousseau !
Mais tout de même... Il y a quelque chose de... gênant. Peut-être que le truc, c'est que c'est un site avec d'autres, donc forcément, on peut pas tous raconter notre vie, et si un le faisait, il dérangerait les autres. Et aussi, c'est un site de textes, de fictions, etc...
Mais ça n'empêche pas ! Je peux toujours écrire des fictions après avoir écrit la vérité ! Et que les autres en fassent autant s'ils veulent, si ça les arrange, qu'ils ne le fassent pas si ça les dérange, ou qu'ils s'en aillent puisque c'est moi le patron (lol)
Sérieusement, je crois que je vais ajouter une catégorie "Mowa"... et je vais commencer à dire qui je suis.
Pour faire chier ma mère.
samedi 3 juin 2006
Chaise
Un petit dialogue pas si fictif que ça... il n'est pas très achevé, ni très abouti, il faut que je le retravaille, mais je vous en présente la première ébauche :
Le jeudi 1er juin, alors que je patientais pour un oral, j’ai discuté, vous allez sans doute rire, avec une chaise.
« -Bonjour, comment tu t’appelles ?
-Moi ?
-Oui, c’est toi que je regarde.
-Excuse-moi, mais je n’ai pas d’yeux, alors je ne savais pas que tu me regardais.
-Alors, comment tu t’appelles ?
-Tout le monde m’appelle « Chaise », alors je suppose que c’est mon nom.
-Tu as un prénom ?
-« Chaise ».
-Ah… Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
-En fait, les gens posent leurs fesses sur moi.
-C’est tout ?
-C’est tout.
-Et… tu es fait en quel bois ?
-Aucune idée. En if.
-Je croyais que tu ne savais pas.
-Je l’ignore, c’est vrai ; mais j’ai toujours rêvé d’être en if.
-Ah… et tu as des amis ?
-Plein.
-Tu me les présentes ?
-Je connais deux « Armoire », vingt-huit autres « Chaise », vingt-neuf « Bureau ».
-Je vois.
-Ah. Moi, je ne peux pas.
-Monsieur M., s’il vous plaît ?
-J’arrive. Bon, je dois y aller, alors salut.
-Salut. »
vendredi 5 août 2005
Retour à moitié
Le wagon est glacial. A l'aller, on ne savait plus quoi faire pour échapper à la fournaise, mais le retour se faisait dans une fraîcheur dont je n'avais plus l'habitude.
Ca ne me dérangeait pas, ça correspondait à mon humeur.
J'entends les autres discuter, sur les sièges de derrière, mais je n'ai pas envie de me mêler à leur conversation. En fait, il n'y a rien dont j'aie envie, ni de lire, ni de dormir. Allongée sur le côté, en travers de deux sièges, je rêvasse - à moins qu'on n'appelle ça s'adonner à la mélancolie.
Les retours de voyage ne m'avaient jamais fait une impression de ce genre. D'habitude, je me réjouis de rentrer tout en me rappelant les bons souvenirs avec un sourire aux lèvres. Là, c'est pareil, mais les sentiments positifs sont remplacés par des équivalents négatifs.
Je redoute de rentrer, de retrouver ma vie quotidienne, si emplie de nuages que j'ai parfois l'impression d'exister à l'entrême limite entre l'oeil et la tempête elle-même. Quant à rester... je n'avais pas spécialement envie de rester dans cette ville si anonyme alors que le moment que j'attendais le plus était derrière moi.
La situation était devenue difficile à gérer, mieux valait partir. Tout du moins est-ce ce dont je tentais de me persuader.
Un sourire vient pourtant éclairer la grisaille de mes pensées quand je repensai à la journée de la veille - ou de l'avant-veille, peut-être, je n'ai pas envie de lever le bras pour regarder l'heure à ma montre.
J'ai rencontré une étoile.
C'est une manière un peu métaphorique de parler, mais c'est ce qui se rapproche le plus de ce qu'est l'ami que j'avais enfin rencontré. Internet ne transmet que partiellement la joie de vivre, c'est ce que j'ai pu expérimenter. Lui en a tellement qu'il chasse les idées noires comme un petit soleil. Et pourtant sa clareté a la douceur de celle de la lune.
On a vu une cinématique de jeu vidéo, tous les deux, où il était dit que seules les étoiles réconsciliaient le soleil et la lune. Alors c'est ce qu'il est devenu pour moi à cet instant : une étoile.
Je fouille dans mon sac et en ressort mon appareil photo. Le numérique a cela de bien qu'il permet d'afficher les photos en mémoire...
A nouveau en paix, je peux reprendre mon livre. Si jamais mes idées noires reviennent, je n'ai qu'à baisser les yeux pour croiser le regard de mon étoile.
Et cela, ça vaut tous les remèdes du monde.
(A un 3 juillet et au fait d'apprendre qu'une personne manque toujours plus quand on a pu apprécier sa compagnie.)